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Vidéosurveillance pour entreprise : choisir et installer

Un dispositif de vidéosurveillance d’entreprise couvrant des lieux privés non ouverts au public relève du cadre applicable à la protection des données personnelles. Il se dimensionne par zones : accès, réserves, quais et circulations. Le choix des caméras découle de ce que chaque zone doit permettre de constater, et non l’inverse. Les personnes filmées doivent être informées et la durée de conservation des images doit être définie en fonction de la finalité poursuivie. En règle générale, quelques jours suffisent et, en principe, cette durée n’excède pas un mois.

Installer des caméras dans un local professionnel soulève deux questions, dans cet ordre : ce que l’on a le droit de filmer, puis les équipements nécessaires pour le faire. Prises dans l’ordre inverse, ces questions peuvent conduire à des reprises coûteuses, car une caméra mal positionnée doit parfois être déplacée ou réorientée. Voici les points à arrêter avant de dimensionner un système et ce qui distingue les différentes zones d’un site.

Qu’est-ce qu’un système de vidéosurveillance professionnel ?

Un système de vidéosurveillance professionnel comprend quatre éléments. Des caméras capturent les images, une infrastructure filaire ou sans fil les transmet, un enregistreur les stocke et un dispositif permet d’accéder aux enregistrements, sur site ou à distance.

Une caméra IP se connecte au réseau informatique de l’entreprise et transmet ses images sous forme numérique. Ce format permet de consulter les flux depuis un poste de supervision, un ordinateur ou un smartphone autorisé, sans recourir à un câblage vidéo analogique dédié. Chaque caméra nécessite néanmoins une liaison adaptée au réseau.

L’enregistreur, appelé NVR pour les systèmes IP ou DVR pour les systèmes analogiques, archive les flux pendant une durée définie par le responsable du dispositif. Il doit être dimensionné en fonction du nombre de caméras, de leur résolution et de la durée de conservation prévue.

Qu’est-ce qu’un système de vidéosurveillance professionnel 

L’accès à distance repose sur une connexion sécurisée au réseau de l’entreprise. Les droits de consultation sont limités aux personnes habilitées et les accès font l’objet d’une journalisation adaptée. Ces modalités se paramètrent lors de l’installation et se révisent lorsque l’organisation change.

Vidéosurveillance ou vidéoprotection : de quoi parle-t-on selon le lieu filmé ?

La distinction entre vidéosurveillance et vidéoprotection ne porte pas sur le matériel. Elle dépend du régime juridique applicable, qui varie selon que les lieux filmés sont ouverts au public ou non.

Les espaces privés d’une entreprise

Les locaux professionnels non ouverts au public, comme les bureaux, les ateliers, les réserves et les quais de livraison lorsqu’ils ne sont pas accessibles au public, relèvent de la vidéosurveillance. Le dispositif s’inscrit dans le cadre du règlement général sur la protection des données. Celui-ci impose notamment de définir une finalité légitime, d’informer les personnes filmées et de limiter l’accès aux enregistrements aux personnes habilitées.

L’employeur qui installe des caméras dans ces espaces doit informer les salariés et, lorsque la réglementation l’impose, consulter le comité social et économique avant la mise en place du dispositif, selon les règles rappelées par la CNIL sur la vidéosurveillance au travail. La surveillance ne peut porter de manière continue ou disproportionnée sur le comportement des salariés ; elle se concentre sur les accès, les zones sensibles et les biens.

Les espaces ouverts au public et la voie publique

Dès qu’une caméra filme un lieu ouvert au public, comme une surface de vente, un hall d’accueil ou un parking accessible aux clients, ou qu’elle couvre la voie publique, le dispositif relève de la vidéoprotection et d’un régime distinct. Une autorisation préfectorale est alors nécessaire avant sa mise en service. La possibilité pour une personne privée de filmer la voie publique est strictement encadrée par le Code de la sécurité intérieure et dépend notamment de la qualité de l’organisme, de la finalité poursuivie et de la zone concernée.

Le décret n° 2023-828 du 28 août 2023 concerne les traitements algorithmiques expérimentaux appliqués à certaines images de vidéoprotection dans le cadre des Jeux olympiques et paralympiques de 2024 ; il ne constitue pas le fondement général de la procédure d’autorisation préfectorale.

Les règles de conservation des images, d’accès aux enregistrements et d’information du public diffèrent de celles qui s’appliquent aux espaces privés. Lorsqu’un dispositif couvre à la fois des zones privées et des zones ouvertes au public, chaque régime s’applique à la partie concernée.

Les détails de ce qui sépare vidéoprotection et vidéosurveillance sont présentés sur une page dédiée. Une autre page précise les modalités relatives à l’accès aux images prises sur la voie publique.

Quelles caméras pour quelles zones d’un site professionnel ?

Le dimensionnement d’un système de vidéosurveillance part des zones à couvrir et de ce que chacune doit permettre de constater. Une caméra placée pour identifier une personne qui entre ne se configure pas comme une caméra qui surveille un quai de livraison. Le tableau ci-dessous récapitule les principaux cas de figure rencontrés sur un site professionnel.

Zone du siteCe que la caméra doit permettrePoint de vigilance
Accès principalObtenir une image exploitable des personnes entrant ou sortantOrientation et contre-jour aux heures d’ouverture
Quai de livraisonConstater le déroulement d’une opérationChamp large et éclairage variable
Réserve et stockDétecter une présence en dehors des horairesZone souvent dépourvue d’éclairage permanent
Circulations internesSuivre un déplacement d’un point à un autreNe pas placer les postes de travail dans le champ
Abords et parkingConstater une présence en limite de propriétéLe domaine public ne relève pas du même régime
Local techniqueContrôler l’accès à un point sensibleAssocier la caméra à un contrôle d’accès plutôt que filmer l’accès seul
Surface de venteConstater un incident impliquant la clientèlePrévoir l’information du public dès la conception

La visite technique préalable permet de relever les zones, les accès, le câblage existant et les usages du site. Ce relevé sert à déterminer le nombre de caméras, leur emplacement et leurs caractéristiques.

Un local de plain-pied avec un seul accès et une réserve demande peu de points de vue, tandis qu’un site comprenant plusieurs quais et un parking en nécessite davantage. Une page dédiée présente le détail des types de caméras et de leurs usages.

Faut-il informer les salariés et les visiteurs du dispositif ?

Les personnes filmées doivent être informées de l’existence du dispositif et des principales caractéristiques du traitement de leurs données. L’information doit notamment porter sur la finalité du dispositif, la durée de conservation des images, l’identité ou la qualité du responsable ou du délégué à la protection des données, l’existence des droits des personnes et la possibilité d’introduire une réclamation auprès de la CNIL.

Cette information peut être présentée sur plusieurs niveaux afin de conserver un affichage lisible. Un panneau visible et permanent fournit les informations essentielles dans les lieux concernés, tandis que les informations complémentaires peuvent être mises à disposition par un autre moyen. Dans les espaces réservés aux salariés, l’employeur doit également les informer et, lorsque les conditions prévues par le Code du travail sont réunies, consulter le comité social et économique avant la mise en place du dispositif.

L’obligation d’information concerne également les visiteurs, les prestataires et toute personne susceptible d’être filmée. Les panneaux doivent être installés en nombre suffisant et placés de façon à être visibles avant l’entrée dans les zones couvertes. Un affichage à l’entrée du site peut donc être insuffisant si certaines zones intérieures sont filmées sans que l’information soit clairement accessible.

Combien de temps conserver les images et qui peut les consulter ?

La durée de conservation des images doit être définie et justifiée au regard de la finalité du dispositif. En règle générale, quelques jours suffisent pour effectuer les vérifications nécessaires en cas d’incident et, en principe, la conservation n’excède pas un mois. Lorsqu’un incident justifie l’engagement d’une procédure, les images nécessaires peuvent être extraites du dispositif et conservées pendant la durée de cette procédure. L’accès aux enregistrements doit rester réservé aux personnes habilitées.

L’accès aux images doit être limité aux personnes spécifiquement habilitées dans le cadre de leurs fonctions. Les droits accordés doivent correspondre aux besoins réels de chaque utilisateur et l’accès au système doit être sécurisé afin d’empêcher la consultation des images par des personnes non autorisées. Une journalisation adaptée des accès permet également d’assurer la traçabilité des consultations.

Le dispositif ne doit pas servir à surveiller de manière continue le comportement quotidien des salariés. Son usage se limite aux finalités pour lesquelles il a été justifié : constater un incident, vérifier une anomalie ou répondre à une demande légalement fondée des autorités. Le cadre d’accès se définit lors de l’installation et se révise à chaque changement d’organisation.

Comment dimensionner l’enregistrement et l’accès à distance ?

Le dimensionnement du stockage dépend du nombre de caméras, de leur résolution, de la fréquence d’enregistrement et de la durée de conservation prévue. Un enregistreur sous-dimensionné conduit à écraser les images avant la fin de la période définie, tandis qu’un enregistreur surdimensionné immobilise inutilement une partie du budget.

L’accès à distance nécessite une connexion sécurisée au réseau de l’entreprise et une bande passante suffisante pour consulter les flux en temps réel. Sur un site où la sûreté électronique et le réseau informatique sont gérés ensemble, l’arbitrage s’effectue en une seule fois. Lorsque le système le permet, les droits d’accès se paramètrent caméra par caméra et utilisateur par utilisateur, afin que chaque personne accède uniquement aux zones dont elle a effectivement besoin.

La double compétence en sûreté et en informatique permet de prévoir, dès la conception, les contraintes de bande passante, de sauvegarde et de redondance. Un système qui doit rester opérationnel en cas de panne du réseau ou de coupure électrique nécessite des dispositifs de continuité, dimensionnés selon la criticité de chaque zone. La surveillance d’un entrepôt et de ses quais illustre ce type d’arbitrage.

Vidéosurveillance seule ou couplée à l’alarme et au contrôle d’accès ?

Un système de vidéosurveillance peut fonctionner de manière autonome ou s’intégrer à une alarme intrusion et à un contrôle d’accès. Le choix dépend de ce que le responsable du site souhaite constater et de la manière dont il organise la sécurité du lieu.

Vidéosurveillance seule ou couplée à l’alarme et au contrôle d’accès 

Couplée à une alarme intrusion, la vidéosurveillance peut contribuer à la levée de doute. Selon la configuration retenue, une détection peut déclencher l’enregistrement ou permettre la consultation des images associées à la zone concernée afin de faciliter la vérification de l’alerte. Coupler la vidéo à une levée de doute peut notamment être envisagé pour les sites régulièrement inoccupés ou lorsque l’organisation de la sécurité prévoit une vérification à distance des déclenchements.

Associée à un contrôle d’accès, la vidéosurveillance permet de rapprocher le passage d’une personne de l’utilisation d’un badge ou d’un code et de conserver une trace visuelle de l’événement. Cette combinaison convient aux locaux techniques, aux réserves et aux zones dont l’accès doit être à la fois autorisé et tracé. Le dimensionnement s’effectue zone par zone, à partir des usages réels du site.

Un système réduit un risque, mais ne l’annule pas. Les délais et le calendrier d’installation sont arrêtés après la visite technique. Pour faire chiffrer une installation après visite, un formulaire de contact permet de décrire le site et de prendre rendez-vous.

Questions fréquentes

Quelle différence entre vidéosurveillance et vidéoprotection ?

Le terme employé dépend du lieu filmé, tout comme le régime applicable. La surveillance des lieux privés non ouverts au public relève de la réglementation sur les données personnelles. Les lieux ouverts au public et la voie publique relèvent d’un régime d’autorisation distinct, assorti de ses propres formalités.

Peut-on filmer les postes de travail des salariés ?

Le placement des caméras dans un espace de travail est encadré et doit rester proportionné à la finalité du dispositif. Le principe retenu lors de la conception consiste à couvrir les accès et les zones sensibles plutôt que les postes eux-mêmes. Des circonstances particulières peuvent justifier qu’un poste entre dans le champ, mais la caméra doit alors cibler autant que possible le bien ou l’opération à protéger, et non le salarié. Le cadre applicable doit être vérifié auprès des sources officielles.

Combien de caméras faut-il pour un local professionnel ?

Le nombre de caméras ne se déduit pas de la surface, mais des zones à couvrir et de ce que chacune doit permettre de constater. Un local de plain-pied avec un seul accès et une réserve demande peu de points de vue. Un site comprenant plusieurs quais et un parking en nécessite davantage.

Faut-il un réseau informatique dédié pour des caméras IP ?

Pas nécessairement, mais le dimensionnement du réseau fait partie de l’étude. Les flux vidéo consomment de la bande passante et le stockage doit être prévu en conséquence. Sur un site où l’informatique et la sécurité sont gérées ensemble, l’arbitrage s’effectue en une seule fois.

Peut-on consulter les images à distance ?

Il s’agit d’une fonction courante des systèmes IP, soumise aux mêmes règles d’accès que les images elles-mêmes. Les droits de consultation doivent être définis et limités aux personnes habilitées, tandis que les accès doivent faire l’objet d’une journalisation adaptée. Ces modalités se paramètrent avec le responsable du dispositif lors de l’installation et se révisent lorsque l’organisation change.

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